Quel bilan pour la France ?
Dette, déficit, pauvreté, école, sécurité, hôpital : neuf années après l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée, les chiffres permettent de dresser un état des lieux de la France.
VISUEL À INSÉRER : photographie d’Emmanuel Macron
En mai 2017, Emmanuel Macron accédait à l’Élysée avec la promesse de transformer profondément la France. Neuf années plus tard, alors que s’est ouverte la dixième année de cette présidence, il est possible de confronter cette ambition aux principaux indicateurs économiques et sociaux.
Au-delà des discours et des querelles partisanes, plusieurs évolutions sont particulièrement marquantes.
Une dette publique qui dépasse désormais 3 460 milliards d’euros
C’est probablement l’un des chiffres les plus spectaculaires de la période.
Fin 2017, la dette publique française au sens de Maastricht s’établissait à 2 218,4 milliards d’euros, soit 96,8 % du PIB.
Fin 2025, elle atteint 3 460,5 milliards d’euros, soit 115,6 % du PIB. Cela représente une augmentation d’environ 1 242 milliards d’euros par rapport à 2017. Sur la seule année 2025, la dette a encore augmenté de 154,4 milliards d’euros.
La crise sanitaire explique naturellement une partie considérable de l’explosion de l’endettement pendant cette période. Mais elle ne suffit pas à résumer la situation : plusieurs années après la pandémie, la France continue d’enregistrer des déficits publics importants.
En 2025, le déficit public s’est établi à 152,5 milliards d’euros, soit 5,1 % du PIB, après 169,1 milliards en 2024.
Toujours plus de dépenses publiques
La France figurait déjà en 2017 parmi les pays ayant le niveau de dépenses publiques le plus élevé. Cette année-là, celles-ci représentaient environ 56,5 % du PIB.
La question centrale n’est donc pas seulement celle du montant dépensé, mais celle des résultats obtenus en contrepartie. Car parallèlement à ce niveau très élevé de dépenses, de nombreux services publics restent confrontés à des difficultés : hôpital, école, sécurité, justice ou encore accès aux services dans certains territoires.
L’hôpital : moins de lits, davantage d’ambulatoire
Le visuel qui accompagne cet article souligne la diminution du nombre de lits hospitaliers. La tendance est bien documentée.
En 2023, la France comptait 369 400 lits d’hospitalisation complète. La DREES constate une diminution continue des capacités d’hospitalisation complète, avec encore 4 500 lits de moins en 2023.
Cette évolution doit cependant être replacée dans son contexte : elle s’accompagne d’une augmentation des capacités d’hospitalisation partielle et à domicile, correspondant au développement de la chirurgie et des soins ambulatoires. La diminution du nombre de lits ne peut donc pas, à elle seule, mesurer la qualité globale du système hospitalier.
Éducation : le recul français apparaît dans PISA
Dans l’enquête internationale PISA 2022, les élèves français obtenaient 474 points en compréhension de l’écrit, contre 493 en 2018. En sciences, la France obtenait 487 points, en baisse par rapport à 2015. Dans ces deux domaines, la France se situait toutefois à un niveau statistiquement comparable à la moyenne de l’OCDE.
L’étude souligne également une caractéristique persistante du système français : les performances scolaires restent fortement liées à l’origine socio-économique des élèves.
Sécurité : certaines violences progressent fortement, d’autres infractions reculent
Le ministère de l’Intérieur recense en 2025 975 victimes d’homicide, un nombre stable par rapport à 2024. En revanche, les tentatives d’homicide atteignent 4 477 victimes et progressent de 4 % en un an. Les violences physiques enregistrées atteignent 472 400 victimes, en hausse de 5 % sur l’année.
Depuis 2016, le ministère relève en moyenne une progression annuelle de 8 % des tentatives d’homicide, de 6 % des violences physiques et de 11 % des violences sexuelles enregistrées.
Tous les indicateurs ne vont cependant pas dans la même direction : en 2025, les cambriolages de logements reculent de 3 %, les vols de véhicules de 9 % et les vols avec armes de 8 %.
La pauvreté à son niveau le plus élevé depuis trente ans
Selon les dernières données disponibles de l’Insee, 9,8 millions de personnes vivant en logement ordinaire en France métropolitaine étaient sous le seuil de pauvreté monétaire en 2024, fixé à 1 337 euros par mois. Le taux de pauvreté s’établissait à 15,4 %, son niveau le plus élevé depuis le début de la série comparable en 1996.
Les inégalités se situent également, selon l’Insee, à leur niveau le plus élevé depuis trente ans.
Immigration : 377 000 premiers titres de séjour en 2025
Selon le ministère de l’Intérieur, plus de 377 000 premiers titres de séjour ont été délivrés en 2025, soit 32 000 de plus qu’en 2024 (+9,2 %). La hausse de 2025 est principalement liée aux titres accordés pour motifs humanitaires.
À la fin de 2025, environ 4,5 millions d’étrangers disposaient d’un titre de séjour valide, soit une progression de 3,2 % en un an. Ces chiffres ne comprennent pas toutes les catégories d’étrangers présents en France, notamment les ressortissants de l’Union européenne qui n’ont généralement pas besoin de titre de séjour.
Une économie au bilan plus contrasté
Tous les indicateurs économiques ne permettent pas de parler d’un recul uniforme.
L’industrie manufacturière, par exemple, représentait une production en valeur de 981 milliards d’euros en 2025, et sa production en volume a progressé de 1,2 % cette année-là. Au quatrième trimestre 2025, la production manufacturière était supérieure de 2 % à celle du quatrième trimestre 2024.
Cela n’efface ni l’endettement ni les difficultés structurelles de l’économie française, mais montre qu’un bilan sérieux doit distinguer les indicateurs qui se sont détériorés de ceux dont l’évolution est plus nuancée.
Neuf années qui ont profondément transformé la France
À l’approche de la dernière partie du second quinquennat d’Emmanuel Macron, quelques chiffres résument l’ampleur des transformations intervenues depuis 2017 : plus de 3 460 milliards d’euros de dette publique, un déficit encore supérieur à 150 milliards d’euros en 2025, 9,8 millions de personnes sous le seuil de pauvreté en 2024, une diminution continue des lits d’hospitalisation complète et une forte progression de plusieurs catégories de violences enregistrées.
D’autres indicateurs donnent une image plus contrastée, notamment certaines données industrielles et la baisse de plusieurs catégories de vols et cambriolages.
C’est sur ces données vérifiables que peut se construire le débat sur le bilan des années Macron : sur ce qui s’est amélioré, ce qui s’est dégradé et sur l’état dans lequel la France abordera l’échéance présidentielle de 2027.
Sources principales
- INSEE – Dette publique, comptes nationaux et pauvreté.
- DREES – Les établissements de santé et capacités hospitalières.
- Ministère de l’Éducation nationale / DEPP – PISA 2022.
- Ministère de l’Intérieur / SSMSI – Insécurité et délinquance en 2025.
- Ministère de l’Intérieur – Statistiques de l’immigration et titres de séjour.
- OCDE – Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA).
Document préparé pour MFGA – Septembre 2026
